Adieu 2015, bienvenue 2016

Avec l’ancienne année, il faut dire qu’on en a chié. Des attentats à tous les coins de rue, des drapeaux aux fenêtres, des marseillaises à vous faire frémir un Chirac encore vibrant, et à faire couler une larme à un Sarkozy aux aguets, et des ministres en tenus réglementaires de condoléances… Non 2015, c’était pourri, 2016, ça va être vachement mieux.

2016 sera batailleuse, résistante, plus qu’indignée, je la sens révoltée, parce que 2016, c’est l’année de l’amaigrissement du code du travail. Ah ! Le code du travail ! Le seul bouquin, avec peut-être le Capital de Marx, dont tout le monde parle, mais dont une poignée seulement a lu ne serais-ce que 10 pages. Moi, perso, je suis allé jusqu’à la page 50 du 1er tome du Capital… Ya longtemps, je voulais être sûr de mon coup pour quand la révolution allait venir. J’ai bien fait de m’arrêter avant.

Et le code du travail, me direz-vous ? C’est juste un vieux bouquin tout rouge, rouge sang, du sang des travailleurs évidemment, pas des Gattaz père et fils, des Barons Sellières et autres gentils patrons… Un livre rouge de plus de 100 ans, une antiquité, un truc forcément à réécrire avec la modernité d’aujourd’hui. Vous savez, les vieux bouquins ça prend la poussière, ça résistent mal aux Temps Modernes. Tenez, prenez le rapport Villermé qui date de 1840. Vous savez, celui qui limite le travail des enfants. Et bien déjà à l’époque, il nous raconte qu’il faut travailler moins. Oui, travailler moins pour vivre vieux ! Une folie, déjà au 19ème siècle et pourtant ledit rapport n’est pas non plus un brûlot anticapitaliste. Moi je dis, comme mon Ministre de l’économie, réformons le rapport Villermé et remettons tous nos chiards qui font rien qu’à textoter et mater des youtubers boutonneux au boulot, à l’usine, à la mine ! Tu verras que la crise d’ado ça leur passera direct.

Alors pourquoi ne pas aussi réformer le code du travail ? Depuis son origine en 1910, il promeut la baisse constante du temps du travail, et ça devrait toujours aller ainsi ? Non ! Nous disent en cœur les deux chanteurs à la croix de bois, Valls et Macron, ça doit changer. Pour le prochain code tout neuf, on pourra travailler plus et on sera libre, totalement libre de nous faire exploiter ! Et puis, la réforme du code du travail, dont nos deux chapi chapo du tourniquet idéologique se font les chantres visent la révolution… Oui, Valls et Macron, en révolutionnaires de salon se proposent d’adapter le code du travail aux entreprises, alors que depuis sa création, c’est exactement l’inverse : adapter les entreprises au code du travail !

Bon, c’est un détail de l’histoire, comme dirait certain… mais le contrat de travail n’est rien d’autre qu’un lien de subordination juridique permanent entre un employé et un employeur. Détail… Détail que de préciser que le code du travail est la contre partie à cette subordination et qu’il vise, un peu à faire chier les patrons, et beaucoup à protéger les salariés. Ils sont combien les salariés en France ? 93% des actifs. Ah ! Quand même ! Et puis franchement, les chefs d’entreprise travaillent pour le bonheur de leurs salariés. D’ailleurs, le MEDEF, dont on ne peut douter de son amour pour son prochain, avec l’assentiment de Macron et de son projet révolutionnaire, propose de remplacer le lien de subordination avec contrepartie du code du travail, par un lien de « soumission librement consenti » sans contrepartie…

Allez ! Pour 2016, prenez un grand bol d’air pur et préparez-vous à creuser la mine.

One thought on “Adieu 2015, bienvenue 2016

  1. Mag à l'eau
    17 janvier 2016 at 0 h 21 min

    Désolée Christophe, mais j’écris juste en réaction à la première partie de ce billet.
    Personnellement je n’en pas plus chié en 2014 qu’en 2015. Bon, je sais, c’est pas à prendre au premier degré, mais ce « on en a chié » sonne comme les « on a gagné ». Les horreurs, les crimes, l’injustice… n’ont pas été plus nombreux en 2015 qu’en 2014, voire qu’en 1014. Mais parce « ça c’est passé près de chez nous » on en a plus parlé que d’autres horreurs qui ont eu lieu ailleurs. Et ça, j’ai de plus en plus de mal à l’admettre.

    Bon, maintenant je vais lire la suite sur le code du travail.
    Bises,
    Magali (celle qui adore tes chemises)

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